Abonnez-vous à notre newsletter 

La Newsletter est créée et rédigée par un groupe d'élèves de la CADE. Ils partagent avec vous leurs travaux, leur quotidien et leurs réflexions.

Veuillez vous inscrire via courriel This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it. , avec comme en-tête Newsletter , votre nom et prénom. 

 

 

Le mot du directeur

  • Publié le mercredi 20 octobre 2021
    Examen de fin d’études au LEM : 93% réussite, 27% « excellent », 29% « très bien », 25% « bien »

    La réussite d’une école ne se limite certainement pas à l’examen de fin d’études. Les élèves du lycée Ermesinde ont certainement d’autres atouts à faire valoir à l’université et dans la vie professionnelle et sociale. D’un autre côté, le lycée Ermesinde a toujours considéré le BAC national comme un passage et un ticket utile et nécessaire pour entrer sans problème à l’université. C’est pourquoi il avait résisté à l’époque à l’envie de certains de voir un BAC novateur éclore au lycée Ermesinde.

    Les résultats de cette année sont sans appel : le lycée Ermesinde compte bel et bien parmi les lycées les plus performants du Luxembourg. Notre réussite s’élève à 93%, contre 85% au niveau national. Mais c’est surtout du côté des mentions que le lycée Ermesinde fait la différence : 27% de mentions « excellent » (plus de 52 de moyenne sur 60) contre 11% au niveau national, auxquels s’ajoutent 29% de « très bien » et 25% de « bien ».

    Pour une école axée sur les forces, l’orientation et l’excellence, le contrat est rempli.

    En fin de compte, les élèves sortent du lycée Ermesinde dotés d’une expérience de 6 ans en recherche (travaux personnels et mémoires), d’une expérience de 7 ans en entreprise (8 heures par semaine) et d’un résultat au BAC supérieure à la moyenne nationale.

    Le lycée Ermesinde a tendance à exiger davantage de ses élèves que les autres lycées, à commencer par leur domaine d’excellence.

    D’un autre côté, il commence sa préparation explicite au BAC en classe de 2e seulement.

    Durant les 5 années précédentes, il n’est pas promotionnel, il n’opère pas avec des notes, pas avec des moyennes, pas avec des devoirs en classe standardisés, pas avec des programmes prédéfinis et avec moins de cours.

    Et pourtant le système national continue à croire à la numérisation et à la quantification dans tous les domaines, car il continue à investir dans les critères, dans les programmes et dans toutes sortes de testings.

  • Écrit le lundi 5 juillet 2021
    Choix

    Peut-on vouloir trop d’orientation ?

    Entre l’embarras du choix, le paradoxe du choix ou trop de choix tue le choix, les expressions ne manquent pas pour pointer la quantité qui nous hante et qui nous harcèle un peu partout dans nos sociétés de consommation baignées dans l’illusion que tout est et doit toujours rester encore possible pour tout le monde.

    L’orientation des jeunes n’échappe pas à la règle. Revendiquer le droit de découvrir et d’explorer tous les possibles avant de choisir sa spécialisation est devenu monnaie courante parmi les parents mais aussi les professionnels.

    L’orientation est la marque de fabrique du lycée Ermesinde. Mais plutôt que de se perdre dans une exploration tous azimuts, le lycée Ermesinde mise sur une orientation de qualité qui ne se réduit pas aux contenus, mais qui touche à l’attitude, à l’engagement et à l’envie.

    On dit que l’appétit vient en mangeant. C’est une formule qui n’est pas dénuée de sens dans l’orientation. On ne peut pas tout vouloir découvrir avant de choisir. Plutôt que de tout voir, il s’agit de bien faire.

    Le choix que l’élève effectue au lycée Ermesinde dès son arrivée (projet personnel, entreprise, travail personnel, branches d’engagement) implique une immersion dans des champs et des groupes d’intérêt pour un semestre au minimum.

    Au cours de cette période, l’élève apprend à coopérer, à convaincre, à vendre, à négocier, à connaître les plaisirs et les contraintes d’une production, les défis et l’efficacité de la transmission entre pairs, ainsi que la satisfaction qui découle d’un travail bien fait ainsi que du contentement d’un public ou d’une clientèle.

    Autrement dit, il acquiert, indépendamment des contenus, des compétences universelles et transversales d’une grande utilité.

    Le temps ne permet pas de s’immerger dans un grand nombre de spécialités. Faut-il s’en plaindre ?

    L’élève finira par s’orienter vers un chemin qui s’est dessiné au fil des choix, des opportunités, des expériences, des sensations intermédiaires.

    Va-t-il se frustrer de ne pas encore avoir pu découvrir tous les possibles ? Il faut espérer au contraire qu’il franchisse allégrement la porte qui s’est ouverte, en pensant qu’elle s’est ouverte par chance, plutôt que par hasard.

    L’orientation en devient presque une affaire de destin, un destin que l’élève saura d’autant mieux embrasser qu’il aura connu dans ses expériences préalables la qualité plutôt que la quantité.

  • Écrit le jeudi 29 avril 2021
    Education

    Le terme vient du latin : e-ducere, ex ducere, conduire hors de. Hors de quoi ?

    Conduire hors de quoi ? Hors de l’enfance, vers l’âge adulte, vers la maturité, la participation, l’influence ?

    En effet, l’enfant veut avoir son mot à dire, très tôt et avec force.

    Encore faut-il ne pas laisser parler et agir l’enfant dans le vide. Pour se développer, l’enfant a besoin de résistance. Pour gagner en influence, l’enfant doit pouvoir se mesurer. A quoi et à qui ?

    Toutes les idées qui sortent de la bouche des enfants ne sont pas bonnes. Il serait absurde de les adopter toutes sous prétexte qu’il faille respecter la parole de l’enfant. Ce serait lui manquer de respect, car cela ne lui permettrait pas de grandir, et malhonnête de surcroît.

    Se mesurer à quoi et à qui ? A ce qu’il n’a pas encore et à ce qu’il n’est pas encore. Si l’enfant n’a pas encore les arguments, il faut lui opposer des .. arguments. S’il n’a pas encore les connaissances, il faut lui opposer des connaissances. S’il n’a pas encore l’expérience, il faut lui opposer de l’expérience. Non pas pour le rendre petit, mais pour le rendre grand.

    Est-ce que pour autant pour éduquer un enfant il suffit de lui donner un exemple fort, un maître savant, une autorité ?

    L’histoire de l’école a montré que tel n’est pas forcément le cas. Mais l’histoire moderne n’est-elle pas en train de montrer que le contraire ne fait pas mieux ?

    Il faut éviter que l’école tombe d’un extrême dans l’autre. Entre opposer à l’enfant une autorité toute savante et toute puissante, d’une part, et le placer sur un piédestal et se plier à sa parole sous quelque prétexte pédagogique ou démocratique, d’autre part, il doit y avoir un juste milieu.

    La plus simple manière d’é-lever un enfant consiste peut-être à ne pas le traiter spécialement comme un enfant, à oublier sciemment qu’il ne peut en principe déjà avoir toute la maturité, la connaissance, l’expérience, peut-être aussi l’ironie, qu’on lui suppose pourtant délibérément dans l’échange. Il s’accomplit alors souvent une sorte de self-fulfilling prophecy dans le sens où l’enfant met à jour spontanément des capacités surprenantes simplement parce qu’on échange avec lui comme s’il avait précisément toutes ces compétences.

    E-duquer un enfant revient finalement à exiger de lui la même qualité dans le travail et dans l’échange qu’on veut bien y investir soi-même.

    Comme souvent, les extrêmes se rejoignent. Laisser toute la place ne vaut pas mieux que prendre toute la place. Les deux cas de figure isolent l’enfant. Il est dans la nature de l’enfant de chercher sa place mais il n’a que faire d’une place dont il constitue le centre. Si toute la place est prise, il est isolé. S’il occupe, lui, toute la place, il n’est pas moins isolé. Dans le premier cas, on l’écarte, dans le deuxième, on s’écarte.

    La nécessité est le meilleur é-ducateur. La nécessité que peut installer l’école consiste à attendre dès le début de la part des enfants la qualité dont on voudrait bien qu’ils soient capables à la fin. Il faut pour cela que l’école soit une place de qualité, un bain de culture où les enfants apprennent à nager par le simple fait que telle est l’exigence, ou, mieux encore, la normalité.

     

  • Écrit le dimanche 28 mars 2021
    Orientation

    Non, tout le monde n’a ni le talent ni l’envie d’aller à l’université. Les dispositions des jeunes gens sont heureusement infiniment plus variées. Elles l’ont toujours été et elles le seront toujours. Tel l’a toujours voulu la nature humaine et tel l’a toujours voulu l’économie. Tel le veut toujours la nature humaine, mais tel ne le veut plus l’économie, apparemment. La délocalisation, la tertiarisation et la technologisation ont porté un vilain coup aux secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de l’artisanat. L’économie ? La mondialisation a certainement une part d’inévitable, mais la politique et la société ne sont évidemment pas si impuissantes et innocentes que cela. Face à la diversité naturelle des talents humains, la hiérarchisation des métiers et des formations et la monoculture scolaire et professionnelle sont des scandales.

    Le lycée Ermesinde est structuré de manière à garantir l’orientation la plus large et la plus honnête possible. Dans cette démarche, ce n’est pas l’économie qui constitue la plus grande résistance. Le marché du travail moderne n’est pas si désespérant que cela. Des productions ont été relocalisées. Les marchés locaux refleurissent. L’entrepreneuriat est revigoré. Par ailleurs, tous les diplômes universitaires ne tiennent pas toujours toutes les promesses que les jeunes gens et leurs parents y associent.

    Au lycée Ermesinde, le tutorat et les maisons permettent dans une certaine mesure de contrer les préjugés et d’empêcher l’orientation négative par exclusion telle qu’elle est malheureusement largement répandue. Il est vrai que, en raison notamment de sa taille humaine qu’il a voulu préserver, le lycée Ermesinde se limite au-delà du cycle inférieur à la préparation aux études universitaires. Tout est fait cependant pour ne pas enfermer les futurs étudiants trop tôt dans une bulle académique. Une part importante du personnel n’intervient pas dans un seul régime ni dans une seule branche et assure le tutorat d’élèves d’âges et de régimes différents, afin de garder une vue large sur les talents et sur les voies professionnelles. Dans les entreprises, le mélange d’âge et de régimes est inhérent et passe presque inaperçu, mais n’en pas moins essentiel. Dans les branches interdisciplinaires, les questions économiques, sociologiques et écologiques sont au cœur des réflexions dès la septième. Tout cela est hélas insuffisant pour libérer l’orientation de tous les aprioris préjudiciables. Il faut espérer que l’opinion publique et la politique finiront par donner meilleur crédit à tous les talents et à voir dans la diversité des vocations et des emplois une utilité et une nécessité économiques, sociales et humaines.

     

  • Écrit le jeudi 25 mars 2021
    Devoir

    Notre société investit de plus en plus de moyens dans l’éducation. A les analyser de plus près, ces moyens se concentrent sur une multiplication de l’offre et de l’aide. Le nombre de disciplines, d’activités, de cours à option, de stages et de formations ne cesse d’augmenter, à l’école, autour de l’école et dans les loisirs. Jamais autant d’institutions d’accueil, d’encadrement, d’assistance et de loisir n’ont été créées que ces dernières années. On ne compte plus les mesures d’appui, de remédiation, de rattrapage, les assistances et aménagements de toutes sortes venus se greffer sur la vie scolaire et familiale de nos enfants. D’un autre côté, on entend plus que jamais parler de problèmes de concentration, de motivation, de discipline, de respect, d’attitude au travail, de compétences sociales ou d’autonomie.

    L’évolution du lycée Ermesinde est quelque peu en déphasage avec ces tendances. Le mot d’ordre consistait dès le départ à miser sur les talents, les intérêts et les capacités les plus remarquables et les plus prometteurs des élèves. Le lycée Ermesinde se distingue par une communauté soudée et solidaire. L’exigence à laquelle chaque élève est soumis consiste essentiellement à ce qu’il contribue, pour le dire ainsi, à l’enrichissement global de cette communauté, tout comme il sera appelé plus tard à le faire dans l’intérêt de la société et de sa famille. Il est logique qu’il le fasse dans ce qu’il sait faire le mieux. Son propre intérêt, c’est-à-dire la réalisation de son projet personnel, rejoint l’intérêt collectif. L’élève livre cette contribution au niveau de son travail personnel, de son entreprise, de son engagement dans ses deux branches de prédilection et de sa participation aux travaux ayant lieu dans les autres cours. Pour le dire succinctement, le lycée Ermesinde se situe, vis-à-vis des élèves, dans la demande plutôt que dans l’offre. Il y a lieu de croire que c’est la raison essentielle de son succès. Les jeunes gens n’aspirent finalement qu’à cela, contribuer au monde, accéder à une position où ils peuvent se rendre utiles.

    La qualité prend dans cette optique définitivement le dessus sur la quantité. Les élèves renforcent et approfondissent leurs connaissances dans les domaines qui correspondent à leur projet personnel. Ce faisant, ils acquièrent de l’expérience et de la culture générale, car il n’y a pas de meilleur moyen de découvrir la diversité et la complexité du monde que le travail en détail et en profondeur. Quant aux faiblesses, elles ne sont plus considérées que dans la mesure où elles pourraient empêcher l’élève de déployer ses forces et de livrer toutes les contributions dont il est capable dans le cadre de son projet personnel. Nombre des faiblesses les plus citées s’amenuisent par ailleurs au fil d’une carrière scolaire naturellement axée sur les talents des élèves. Il paraît évident que le traitement direct et explicite des faiblesses n’apporte pas toujours la même efficacité que l’apprentissage implicite induit par l’engagement dans une spécialité qui concentre les émotions et ambitions personnelles. Ainsi n’apprend-on pas le mieux à se concentrer là où on le fait par volonté et par nécessité, à parler là où on a quelque chose à dire, à écrire là où on a des connaissances et des raisons pour communiquer ?

    Au lycée Ermesinde, l’offre et l’aide sont finalement supplantées par la demande et le… devoir. Il est vrai que cette vieille notion de devoir a pu prêter à des abus, mais il serait dommageable de s’en priver complètement, tant elle correspond sous une certaine forme exactement au besoin le plus évident des jeunes gens. Le devoir d’identifier au fond de soi-même ses propres ressources les plus utiles et de les mobiliser au profit d’une communauté, de son bien-être, de son enrichissement, y compris de son amusement et de son confort, ce devoir pourrait bien constituer le fond de commerce le plus cher de l’éducation et le meilleur gage de réussite de la jeunesse.

  • 1